18.3.07

A Torcy, les salariés de l'Imprimerie JDC occupent leur usine


Le 5 mars dernier, le Tribunal de Commerce de Meaux a prononcé la liquidation judiciaire de JDC. L'ensemble des salariés de l'entreprise sont dans la plus totale incertitude quant à leur avenir, quant à leurs emplois. De nombreuses familles en dépendent, nous le savons.

Samedi 17 mars, une réunion de travail a eu lieu à JDC en présence de Christian CHAPRON, Maire de Torcy, René LACOMBE, Maire-adjoint de Torcy, Daniel BRUNEL, Vice-Président de la Région Ile-de-France et de Geneviève WORTHAM, Conseillère régionale, afin de définir les actions à venir avec les salariés représentés par leur intersydicale.

L'urgence sociale n'a jamais été aussi forte qu'aujourd'hui. Il s'agit ni plus ni moins que de la vie de centaines de salariés et de leurs familles. Nous devons être solidaires de ce combat qui a lieu "près de chez nous".

Cette situation nous scandalise, les salariés ne doivent pas être la variable d'ajustement de patrons-voyous cherchant le profit maximum au détriment de la vie de femmes et d'hommes qui depuis des décennies s'impliquent à fond dans leur entreprise avec la dignité et la force que nous connaissons.

La mobilisation doit être la plus forte possible pour sensibiliser tous les citoyens de notre territoire. Plus nous serons nombreux à manifester notre révolte et notre désaccord, plus les pouvoirs publics et Québecor, principal donneur d'ordre, devront faire face à leurs responsabilités.

Merci de diffuser largement, très largement, ces informations (en particulier le Blog http://jdcdoitvivre.wordpress.com/).

Leur combat est le nôtre. La lutte des salariés de JDC pour la défense de leurs emplois est le symbole de la lutte pour un emploi et une vie dignes sur l'ensemble du territoire national.

Le combat continue!

27.1.07

Débats participatifs: la maïeutique de Ségolène


Depuis plusieurs mois, se tiennent en France des Forums paricipatifs à l'initiative de Ségolène Royal, candidate du Parti socialiste à l'élection présidentielle. Lancés initialement dans le cadre de la campagne interne du PS mais avec le souci déjà d'ouvrir le débat à l'ensemble des citoyens, Ségolène Royal a décidé de poursuivre cette démarche pendant la campagne officielle.

Beaucoup a été dit et écrit sur ces forums et débats participatifs. D'un côté, la moquerie, la raillerie, le dénigrement, la suspicion de légèreté ont souvent été aux menus de ceux qui n'y voyent qu'un artifice électoral. De l'autre, les éloges ont fusé sur la capacité de réunir des gens venus d'univers différents dont la vison - "l'expertise" dirait Ségolène - du monde et des choses est assez souvent contradictoire.

Après réflexion et, surtout, participation à de nombreux débats participatifs, j'ai pu observer un phénomène très intressant qui permet sans doute de faire la synthèse entre les deux positions présentées ci-dessus. Chacun pouvant parler librement sur un sujet donné (éducation, vie chère, environnement, sécurité...), il est probable que l'on ressente un certain éparpillement des expressions contraire à nos habitudes scolaires de pensée strictement organisée et méthodique. Mais par un "enchantement" tout aussi certain, s'opère au cours de ces débats prticipatifs un mouvement qu'il m'est difficile de définir. D'un coup, les visions des uns et des autres se confrontent, se choquent, se contredisent pour enfin trouver des points d'accords. Si je devais donner une image pour illustrer le phénomène, j'emprunterai un exemple géométrique. Imaginez une multiplicité de lignes de fuites qui à force de s'étendre finissent par former des points de croisement. Et lorsque les participants prennent collectivement conscience au cours des débats de ces points de croisement - points d'accords - alors des problèmes communs peuvent être posés et des solutions communes envisagées. C'est sans doute là la grande force des débats participatifs: réunir des citoyens qui, dans d'autres circonstances, n'auraient peut-être pas fait l'effort de se déplacer et de s'exprimer en public et qui plus est se découvrent une capacité de partager des diagnostics communs et, dans le meilleur des cas, trouver une vérité commune.

Cette démarche si peu habituelle dans la Vème République n'est pas pour autant une pratique totalement inédite. Je crois même qu'on pourrait la raccrocher aux inventeurs de la démocratie, les Grecs du Vème siècle avant JC. En fin de compte, plus je réfléchis, plus je me dis que Socrate ne faisait rien d'autre que des débats participatifs dans l'Agora athénienne... En interrogeant ces interlocuteurs rencontrés dans les lieux publics et marchés d'Athènes, le vieux Socrate cherchait à faire dire à celui qu'il questionnait les fondements mêmes de sa pensée. Par le dia-logue, il forçait son interlocuteur à reconnaître les limites et les contradictions de son propre discours et l'aidait au final à trouver le chemin de la vérité. Susciter la recherche de la vérité chez les Hommes à l'instar de l'esclave du Ménon qui par lui-même trouve la marche à suivre pour construire un carré dont la surface serait le double de l’original est ce que Socrate appelait la maïeutique, l'art de faire accoucher les idées.

Ségolène aurait-elle trouvé la maïeutique moderne? A chacun de le dire!

16.1.07

L'inquiétante "rupture tranquille" de Monsieur Sarkozy


Permettez-moi tout d'abord de vous souhaiter ainsi qu'à vos proches une belle et heureuse année 2007. Pour beaucoup d'entre nous, l'année qui s'annonce est marquée par un événement majeur en France, l'élection présidentielle, dont l'enjeu sera de donner une nouvelle orientation et une nouvelle dynamique pour le pays pendant les cinq prochaines années.

A ce titre, il me semble essentiel d'éclairer le choix de chacun d'entre nous en analysant de très près les projets des uns et des autres et leurs conséquences respectives pour la vie de nos concitoyen(ne)s. Des enjeux décisifs sont devant nous:
- l'emploi et le logement,
- la vie chère et une répartition plus juste des richesses,
- le progrès économique et social pour chacun,
- la relance de la construction européenne et l'approfondissement de son unité politique,
- une nouvelle politique économique et industrielle,
- un plan fort et une dynamique sans précédent en faveur de la recherche et de l'innovation,
- l'excellence environnementale...

De ces thèmes, chacun peut tirer ce qu'il entend et définir ses priorités. Pour ma part, je me permets de vous soumettre un travail d'analyse critique sur l'idéologie, la personnalité et les propositions de Nicolas Sarkozy réalisé par le Parti socialiste. Cet ouvrage collectif analyse en profondeur les prises de position de l'actuel Ministre de l'Intérieur, sa vision du monde et le projet qu'il a élaboré en tant que candidat à l'élection présidentielle.

Au lendemain du sacre de M. Sarkozy par l'UMP, parti dont il est l'inamovible président, il est plus que temps d'opérer ce travail critique.

Vous pouvez lire et télécharger L'inquiétante "rupture tranquille" de Monsieur Sarkozy sur le lien ci-dessous:
http://hebdo.parti-socialiste.fr/2007/01/10/347/

N'hésitez pas à transférer ce travail à votre entourage.

Bonne lecture!

3.9.06

Solidarité avec les salariés de JDC Imprimerie de Torcy


Samedi 2 septembre 2006 je me suis rendu à la journée porte ouverte organisée par les salariés de JDC Imprimerie. L'objectif de cette manifestation? Sensibiliser la population au sort résevé à 73 salariés menacés de licenciement.

Engagés dans une lutte pour la défense de l’emploi et la poursuite de l’activité de l’entreprise, les employés de JDC ont créé une intersyndicale. Rassemblés devant la direction de l'entreprise, les salariés (dont certains ont 30 ans d'ancienneté) observent qu'au delà des 73 emplois menacés, aucune réponse n’a été apportée à l’avenir des 140 restants.

Au cours de cette visite, j'ai égalment découvert les transformations que l'industrie de l'imprimerie a connues pendant ces dix dernières années: la technologie et l'informatisation ont développé de nouvelles formes de production et d'organisation du travail. Ces transformations n'ont pas toujours été dans le sens de l'amélioration des conditions de travail des salariés: contrôle informatique constant de la production, diminution de postes, charges de travail supplémentaires... Ce que je savais en théorie, je l'ai découvert (encore, hélas!) dans la pratique.

La solidarité et la mobilisation aux côtés des salariés et de l'intersyndicale doivent être fortes si l'on veut, avec eux, défendre les 73 employés menacés dont les noms n'ont pas encore été annoncés par la direction de JDC.

En outre, mobilisons-nous également pour défendre les 29 salariés cités à comparaître devant les tribunaux correctionnels pour avoir manifesté leur mécontentement et le refus de la situation actuelle de JDC Imprimerie. Nous ne saurions accepter la criminalisation de l'action syndicale, dernière trouvaille de la droite au pouvoir!

Le combat continue, gardons espoir! De bons résultats peuvent être obtenus si nous sommes rassemblés aux côtés des salariés de JDC Imprimerie.

13.6.06

Animal politique


En définissant l'homme comme un "animal politique", Aristote, au IVème siècle avant Jésus-Christ, insistait sur une dimension fondamentale de la réalité humaine, celle qui l'attache à la Polis (la Cité) c'est-à-dire un espace où les hommes, en l'espèce les citoyens, débattent des enjeux de leur vie en commun, de son orientation et des moyens de la régler collectivement.

2500 ans plus tard, nous sommes toujours les héritiers de cette conception de l'homme comme animal politique. Nous sommes d'autant plus proches de ces Grecs de l'antiquité que nous nous réclamons de la Démocratie inventée par eux. Seulement, si nous revendiquons les avantages liés à la démocratie (séparation des pouvoirs, égalité de droits, libertés publiques...) nous n'avons pas encore trouvé les moyens collectifs de nous débarrasser des écueils qui lui sont inhérents, en particulier de la démagogie (règne de l'opinion) dont Platon disait qu'elle était l'autre versant de la démocratie. Pourquoi? Parce que la démocratie est le système politique des hommes libres; plutôt, le système où s'exerce la rivalité des hommes libres. Dans ces conditions, tous les artifices sont "valables" pour gagner (flatter) la doxa, l'opinion, au premier rang desquels la rhétorique.

De nos jours, notre vie publique est structurée de manière semblable: l'opinion reste l'opinion (ajoutons simplement les sondages) et la rhétorique est aujourd'hui remplacée par la "communication"... nous avons là deux ingrédients constitutifs de notre vie publique, deux écueils dont nous avons beaucoup de mal à nous débarrasser. Je n'ai rien contre les sondages, cela va de soi, à condition de les considérer comme ce qu'ils sont: une photographie, un instantané de l'opinion. Or la vie politique n'est jamais statique mais toujours en dynamique. C'est la raison pour laquelle nous avons bien des surprises lorsque nous interprétons de manière statique les sondages. En outre, communiquer me paraît nécessaire mais ne confondons pas le contenu avec le contenant... C'est bien le concept qui importe, c'est bien le concept qui manque terriblement à beaucoup de nos responsables politiques.

Le courage politique ne se décrète. Mais chacun de nous peut se demander en son for intérieur, ou bien porter cette question sur l'arène publique: parmi les dirigeants et les responsables politiques, lesquels font preuve aujourd'hui de courage politique? En d'autres termes, qui parmi ces hommes et ces femmes politiques est animé par des ambitions qui ne seraient pas que personnelles et dont l'engagement dépasserait le respect docile des sondages et l'application scolaire de techniques de communication? Triste serait la réponse, n'est-ce pas?...

Les Grecs avaient en leur temps trouvé un moyen efficace d'éviter ces deux écueils. Chez eux, les responsables politiques n'étaient pas départagés par des élections. Ils y préféraient le tirage au sort... Chiche?!!

22.3.06

CPE, ao vivo do Brasil

Le CPE à l'international: interview que j'ai donnée ce week-end sur le mouvement des étudiants à Estado de Sao Paulo, l'un des principaux quotidiens brésiliens. Histoire de pratiquer votre portugais, do Brasil bien sûr...
www.estadao.com.br/ultimas/mundo/noticias/2006/mar/17/319.htm

20.3.06

Les monologues du Villepin


Plus d’un million de personnes dans les rues de France et le premier ministre semble toujours aussi sourd et inattentif face au mouvement de masse qui s’impose aujourd’hui contre son projet de Contrat première embauche (CPE). Il cherche le pourrissement. Soit, c’est de bonne guerre… mais, au fonds, tout dépend des objectifs que l’on cherche à atteindre. S’il s’agit principalement – comme je le pense – d’une stratégie d’affirmation personnelle à l’intérieur de son propre camp, alors je me permets d’en attendre les pires résultats. Car sur un sujet aussi important – et délicat – que l’insertion professionnelle des jeunes, une refonte profonde du Code du travail ne peut être menée que pour des effets de forme, en un mot: pour se positionner tactiquement. Le risque, devant l’opinion publique, est celui de l’incompréhension massive telle qu’elle se manifeste clairement ces jours-ci.

Le fonds, quant à lui, a été bien compris par plus de deux tiers des Français (68 % selon un sondage publié le 17 mars dans le Parisien): la création d’une nouvelle figure sur le marché du travail, le « jeune travailleur jetable ». On peut en effet crier à l’exagération, à la déformation, à la caricature en lisant ces propos. Mais alors que l’on m’explique ce que veut dire une « période de deux ans pendant laquelle le salarié peut être licencié à tout moment sans motif préalable».

L’erreur de Villepin est d’avoir engagé le débat/combat sur un sujet que les Français – hélas – connaissent trop bien: la précarité. Ils la connaissent et l’expérimentent au quotidien. Ils ne sont pas dupes des pitreries de ce gouvernement et prêts, je crois, à en découdre pour ce qui leur est sans doute le plus cher: le refus de l’injustice et de l’inégalité de traitement devant le travail, pour eux et pour leurs enfants. Que chacun réponde en somme à cette question: dans un pays riche comme la France, les jeunes doivent-ils être les seuls à consentir des efforts afin d’être « acceptés » sur le marché du travail? Ou bien s’agit-il d’une question nationale, voire européenne, où la société dans son ensemble crée les agencements utiles pour l’insertion des jeunes avec le souci de l'équité? Pour ma part, la réponse est sans ambiguïté. Au nom de quelle vision du monde les jeunes devraient-ils être les seuls à payer une facture qu’ils n’ont pas souhaitée? N'aurions-nous pas collectivement les moyens de distribuer équitablement le prix (s'il en est) de l'insertion des jeunes plutôt que de le faire peser sur la seule jeunesse? Je crois que c'est notamment à cette question que nous devons nous attaquer.

Le premier ministre et le gouvernement n’ont cessé de lancer des appels au dialogue depuis le jeudi 16 mars. Mais alors pourquoi l'avoir refusé en dégainant le fameux 49.3? Pourquoi rester sourd encore aujourd'hui devant le vrombissement des pavés où plus d'un million de personnes, toutes classes d'âge confondues, ont déambulé dans toute la France? Il semble y avoir une grande incompréhension dans les termes; ce que j'appelle dia-logue est loin d'être cette parole solitaire qu'incarnent Dominique de Villepin et son gouvernement. Après Descartes, ils pourraient revoir leur Platon...